Risques
professionnels vétérinaires : ASPECTS RÉGLEMENTAIRES, JURIDIQUES ET
SOCIAUX
Les
employeurs sont tenus d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité de
leurs employés ; ils ont l’obligation de tenir à jour un document évaluant
tous les risques professionnels encourus par leur personnel, conformément aux
stipulations du Code du travail. Ce document dresse la liste des actions
générales prescrites pour minimiser les risques identifiés, afin de prévenir
les accidents du travail et les maladies professionnelles. Le vétérinaire
employeur doit identifier tout ce qui peut représenter un danger pour le
personnel. Il doit également évaluer la gravité et la fréquence possibles et
être attentif aux mesures qui pourraient supprimer ce danger, le diminuer ou
permettre de s’en prémunir. Ces mesures doivent être décrites et appliquées.
Ce
document, identifiant et évaluant les risques, doit être actualisé au moins une
fois par an. Il doit être conservé sur le lieu de travail, mis à la disposition
des salariés concernés, du médecin du travail et de l’inspecteur du travail et
des organismes de prévention de la Sécurité Sociale. Cet effort demandé aux
vétérinaires employeurs est bénéfique pour tous. D’une part, il fait ouvrir les
yeux sur des risques que l’on ne percevait plus ou pas, d’autre part il permet
de répertorier ces risques et de les
évaluer en fonction de leur importance.
Le
document peut comporter les différents risques comme suit : risques physiques,
rayonnements (ionisants, ultraviolets, infrarouges, lasers), récipients sous
pression (oxygène, protoxyde), Contention des animaux, manutention de charges, appareils
électriques, instruments piquants et coupants. Risques chimiques (Produits
dangereux, anesthésie, euthanasie, éther, alcool, acides, produits irritants,
allergisants, médicaments cancérogènes, mutagènes, Gaz anesthésiques). Risques
bactériens et viraux (Déchets d’animaux, cadavres d’animaux, prélèvements d’autopsie
et autres. Risques liés au lieu de travail (Aération, assainissement,
incendies, équipements et appareils dangereux, risques liés aux déplacements professionnels).
Le
document doit énumérer les mesures de prévention individuelle et collective pour
chaque risque recensé : les éléments de la protection proposés, les
mesures envisagées afin de réduire les risques à leur source ou de s’en
prémunir ainsi que les actions d’information et de formation du personnel qui figurent
parmi les obligations essentielles de l’employeur.
La
responsabilité du vétérinaire est engagée lors de dommages causés par un animal
à des tiers, quand il l’examine ou le traite. Ce risque est normalement couvert
par l’assurance « Responsabilité civile professionnelle » du
praticien. Par contre, le vétérinaire qui subit des dommages personnels,
provoqués par un animal auquel il apporte ses soins, ne peut invoquer la
responsabilité dudit propriétaire ou détenteur. Ce risque non couvert, doit
constituer une raison de plus pour inciter fortement le praticien à se protéger
par une assurance couvrant les dommages dont il peut être personnellement
victime, et leurs conséquences (arrêt de travail, frais de maladie et
éventuelle invalidité) par le versement d’indemnités journalières, capitaux
et/ou rentes viagères. Les assurances privées doivent être sollicitées pour
examiner leurs propositions, exclusions et tarifs, afin de préparer un projet
de contrat adapté aux desiderata du praticien, en fonction de ses propres
ressources et besoins. Il est recommandé de s’assurer préalablement de la
couverture la plus complète à un Régime « Invalidité/Décès ».
L’accident
du travail
Le
fait d’avoir été victime d’un accident du travail autorise le vétérinaire
praticien salarié à bénéficier d’un certain nombre de prestations qui ne
sont pas proportionnelles à son ancienneté. Les droits du blessé sont les
mêmes, qu’il travaille depuis deux heures ou depuis vingt ans. Pour pouvoir
bénéficier de toutes les prestations auxquelles donne droit un accident du
travail. Le vétérinaire praticien salarié doit constituer un dossier dans les
règles administratives. L’employeur déclare l’accident du travail à la Sécurité
Sociale dans les délais les plus brefs. Si la victime conserve des séquelles,
le médecin conseil de la Sécurité Sociale évaluera alors l’éventuelle
Incapacité Permanente Partielle. Des indemnités journalières sont versées dès
le lendemain de l’accident. Une rente d’incapacité permanente est versée en cas
de séquelles, évaluées par un médecin expert désigné par la Caisse. Le taux et
le montant sont fixés par la Sécurité Sociale (calcul en fonction du salaire).
Le
vétérinaire praticien libéral doit souscrire une
assurance professionnelle. En cas d’accident du travail, la Sécurité Sociale
couvre les frais médicaux comme dans le cadre de l’Assurance maladie
(partiellement). Le reste est restitué grâce à la mutuelle et à l’assurance
professionnelle. Si une période de convalescence s’avère nécessaire, le statut
d’arrêt de travail est établi par un médecin expert de l’assurance, des
indemnités journalières peuvent alors être versées. Si, au terme de la période
d’arrêt de travail, des séquelles sont constatées par le médecin expert de
l’assurance, une rente d’invalidité peut être versée au cotisant.
La
prévoyance du vétérinaire
Le
vétérinaire praticien peut connaître une situation de précarité sociale à cause
d’un handicap de haut niveau qu’un manque d’information n’aura pas permis de
prévenir correctement financièrement d’où la nécessité de bien réfléchir à sa
prévoyance et d’effectuer une étude personnalisée de sa situation car chaque
cas est particulier en fonction des situations familiales et des besoins que
chacun se fixe face aux aléas de la vie. Il n’y a pas de recette passe-partout.
Il est indispensable d’avoir une couverture satisfaisante pour soi et pour les
siens. Nombreux sont les confrères dont la protection est insuffisante. Les
difficultés matérielles ne concernent pas que le handicapé ; elles ont de
lourdes conséquences sur sa famille car il n’est plus financièrement autonome
et devient alors une charge pour sa famille.
La
prévoyance du vétérinaire praticien est donc essentielle pour ne pas qu’il soit
pris au dépourvu face aux aléas de sa vie privée ou professionnelle : l’arrêt
de travail, l’invalidité, le décès et la retraite. Il lui est fortement
recommandé de contracter une assurance « arrêt de travail » dont il est
important de définir le montant des indemnités, la date à partir de laquelle le
contrat verse les indemnités et pour quelle durée maximale et si l’arrêt est
suivi d’une invalidité le régime « invalidité » prendra alors le
relais)
L’invalidité
dans la profession
Même
si les pourcentages de prestataires du régime d’assurance Invalidité-décès sont
relativement faibles, la plupart des invalides vétérinaires n’ont pas de
couverture en invalidité et sont exposés à une précarité prévisible. Pour les
jeunes vétérinaires (la population vétérinaire est encore très jeune en
Tunisie). La prévoyance ne sera jamais aussi importante que pendant ces années
où elle nous préoccupe le moins ; elle est à sécuriser au plus tôt, dès
l’installation et ne doit pas être remise à plus tard car il sera peut-être
trop tard. En outre et en fonction de l’évolution de la situation familiale et
patrimoniale du vétérinaire, la couverture dont il aurait besoin, pour lui-même
ou pour sa famille, ne sera plus la même quand il n’aurait plus d’enfants à
charge ou que qu’il disposerait d’un patrimoine immobilier. Il lui est alors fortement
recommandé d’opter pour une cotisation « invalidité-décès » dont la
rentabilité est indéniable.
Considérant
le nombre important de vétérinaires libre-praticiens et les risques
professionnels auxquels ils sont exposés, il est temps que les organismes
statutaires et professionnels réfléchissent à la constitution d’une Caisse
Autonome de Retraite et de Prévoyance des Vétérinaires avec obligation
d’adhésion.
Dr.
Khaled El Hicheri
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