Tunisie Agricole et patrimoine bovin
L’agriculture procure de l’ordre de 10% des recettes totales des exportations et fournit du travail à environ 22% de la population active.
Les terres agricoles en Tunisie couvrent environ 10 millions d’ha dont approximativement 5 millions d’ha de terres labourables, 3 millions de parcours et 1,2 millions d’ha de forêts. Le nombre des exploitations agricoles est de 471.000 dont 97% sont des petites et moyennes exploitations, disposant de superficies ne dépassant pas les 50 ha.
L’élevage représente la part la plus importante de la production agricole. Il a contribué en 2000 pour 32% de la valeur de la production agricole totale avec 769 mille têtes bovines, 7 millions d’ovins, 1,5 millions de caprins et 70 mille unités femelles dromadaires.
L’élevage dépend de 300 000 hectares de cultures fourragères en sec et 3 000 000 ha de terres de parcours, souvent dégradées. Les périmètres irrigués couvraient 376 000 hectares (en 2000) et contribuent à l’approvisionnement du pays en production de viande et de lait à partir de 60 000 ha de fourrages irrigués.
Le taux de couverture des besoins alimentaires est de 87% au cours de la dernière décennie. L'élevage a contribué en 2000 par 38% à la valeur totale de la production agricole (16% viande rouge, 9% lait, 7% viande blanche, 4% œufs et 2% autres). Le pays est presque autosuffisant en lait de boisson et en viande. Sur l'ensemble de 471 000 exploitants dénombrés en 1995, 71% entretiennent des activités en élevage.
Ressources Animales
Le cheptel bovin national est constitué par une population bovine autochtone/locale, une population bovine croisée et des races pures laitières.
La population locale est constituée par la « Brune de l’Atlas » et la « Blonde du Cap Bon ». Les bovins autochtones sont de type ibérique ; les animaux sont de couleur brune et possèdent des cornes courtes. La hauteur au garrot est en moyenne de 110 à 120 cm et le poids vif est de 300 - 350 kg pour les taurillons et de 200 kg pour les femelles.
Depuis le début du siècle, de nombreuses races ont été importées en vue du croisement avec la locale, notamment la Montbéliarde, la Brune des Alpes, la Tarentaise, la Frisonne, la Normande, la Charolaise, la Limousine, la Nellore et la Sahiwal. Toutes ces importations visaient à améliorer la croissance, la conformation et le rendement en lait et viande du cheptel local.
Les années 70, un programme national d’amélioration des performances du cheptel bovin local a été mis en place. C’est un programme de croisement d’absorption par le biais de l’Insémination Artificielle et, dans les zones d'accès difficiles, par Saillie Naturelle. Trois races ont été retenues pour ce programme: la Frisonne, la Brune des Alpes et la Tarentaise.
Les bovines laitiers de pures races rencontrées actuellement en Tunisie sont de races :
- la Frisonne-Holstein qui forme un ensemble constitué de vaches Holstein pures importées d’Amérique du Nord ou d’Europe et de leurs descendances nées et élevées en Tunisie, de vaches Pie Noire avec une tendance nette vers l’Holsteinisation. C’est la catégorie la plus importante des bovins laitiers spécialisés dans le pays. ,
- La Brune des Alpes appelée aussi Schwyz avec une forte tendance actuelle vers la Brown Swiss des Etats Unis représente la deuxième race pure de point de vue effectif.
- La Tarentaise, race française qui, après avoir été menacée de disparition, semble regagner de l’importance grâce aux activités de l’association des éleveurs de la race tarentaise.
- La Pie Rouge (Fleckvieh, Montbéliarde) a été introduite en Tunisie avant l’indépendance du pays et constituait la majorité du cheptel bovin laitier périurbain. Après avoir pratiquement disparu du paysage avec le départ des maltais, elle réapparait au cours de ces dernières années mais son effectif reste faible.
Le cheptel bovin s’est accru de 111% durant la période 1986 - 2001 par effet de l’augmentation de l’effectif des vaches croisées et l’importation de 31 500 génisses de races pures laitières de1986 à 89, soit 2423 génisses/an.
Productions et consommations
La production des viandes rouges a évolué durant la dernière décennie (1992 – 2002) de 154 000 tonnes à 218 000 tonnes. Les ovins et les bovins contribuent plus ou moins de la même manière (44 –45) %. La production des viandes rouges est principalement bovine (63 - 66) % au Nord du pays. Au centre, cette production provient dans 62% des cas de viande ovine et 30,7% de viande bovine. Alors qu’au Sud, elle se compose de 65% de viande ovine, 30% de viande caprine et seulement de 4,8% de viande bovine
MVI
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