COVID
19: répercussions socio-économiques
Le
monde est aux prises avec une épidémie d'un nouveau coronavirus
appelé SRAS-CoV2, qui s'est manifesté dans la ville de Wuhan, en
Chine, et s’est propagé depuis au reste du monde. Ce virus a
infecté, au 31 mars, plus de 755 000 personnes et provoqué plus de
36. 571 morts dans le monde. Du
31 mars au 5 avril,
les
USA sont
devenus
l’épicentre de la pandémie
et
cavalent en
tete des pays infectés; avec un quart des cas enregistrés ils
viennent d’enregistrer
un
nouveau
record de
1.169
morts au cours des dernières 24 heures, portant
le nombre
de décès à
près
de 6.000
pour
l'ensemble
du pays. Malgré des mesures de distanciation sociale, de
l’avis meme de l’administration Trump, ce
bilan va s'alourdir dans
les prochaines semaines et devrait enregistrer
entre 100.000 et 240.000 morts aux USA.
Le
11 mars, l’OMS avait déclaré une situation de pandémie mondiale
de COVID-19. Depuis, les pays ont fermé leurs frontières, les
villes ont fermé les écoles, les universités, les cafés, les
bars, les restaurants, les usines et interdit toute concentration de
personnes dans tout lieu public ou privé. Des centaines de millions
de personnes se sont auto-confinées et se sont fermées les unes aux
autres. Les autorités ont pris des mesures restrictives de plus en
plus drastiques pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus.
Ces restrictions se resserrent alors que les dirigeants des pays se
démènent pour faire face à une nouvelle réalité à laquelle la
plupart d’entre eux n’étaient pas préparés. La progression de
la pandémie fait des ravages dans les sociétés et dans
les
économies des pays infectés par le nouveau coranovirus. Les
mesures de restrictions et de confinements prises dans le monde
affectent immédiatement l'économie réelle et les entreprises, dont
les plus fragiles déposent
le bilan.
Dans
les pays européens du sud, y
compris en France, la
gestion de la crise est déplorable. Aux USA, Trump adopte un
attitude erratique, tergiverse et perd un temps précieux avant
d’adopter des demi-mesures inefficaces, en l’absence des
équipements de protection et du matériel sanitaire indispensable à
la prévention et à la lutte contre le coranovirus. Devant les
hésitations du gouvernement fédéral, les gouverneurs entrent en
action, sans coordination, et se battent pour s’approvisionner en
tests de dépistage, en masques, en ventilateurs, en lits, en
produits désinfectants et autres fournitures médicales. Le “chacun
pour soi” est la règle et la première puissance mondiale exhibe
son impuissance et tarde à trouver un leader pour venir à bout de
l’épidémie.
Scientifiques
et politiques se contredisent et sèment le désarroi parmi les
populations désorientées et apeurées alors que le virus gagne du
terrain et resserre son étreinte. Les hopitaux sont saturés; des
espaces couverts de toutes natures ainsi que des hotels sont
transformés en hopitaux de fortune. L’armée
est appelée à la recousse pour dresser des hopitaux de campagne et
aider
les services de sécurités à faire appliquer les consignes de
restriction, de confinement et de distanciation. Le personnel médical
est sur les dents; exposé en première ligne à la contamination,
épuisé, il paye un lourd tribut à la maladie. Les réservistes de
l’armée ainsi que les retraités du corps médical et
des services de protection civile
sont rappelés. Les bénévoles des ONG
se mobilisent pour venir en aide aux
vieilles personnes isolées, aux handicapés et aux sans-abris.
Au-delà
des mesures
de prévention et de lutte, la pandémie
a des conséquences considérables telles que les pénuries
d'approvisionnement en produits pharmaceutiques, en équipements de
bio-sécurité et en produits manufacturés en raison des
perturbations observées
au
niveau des usines en Chine. L'industrie de la technologie – qui
s‘approvisionne en Chine - a mis en garde contre les retards dans
les expéditions de produits électroniques. Dans certaines localités
de pays particulièrement touchés (comme l'Italie, l’Espagne
et la France), la pandémie a généré des achats surdimensionnés
entrainant
des ruptures de stocks et des pénuries alimentaires.
Les
conséquences des mesures sévères prises par la Chine pour stopper
le virus - restreignant les mouvements d'environ 700 millions de
personnes à un moment donné - sont apparues lorsque le gouvernement
a publié des données économiques montrant que la production
industrielle avait chuté à son plus bas niveau depuis des décennies
et que le chômage avait augmenté à son rythme le plus élevé.
Alors que les conséquences économiques de l'approche chinoise
dans sa lutte contre le coranovirus se
poursuivent, la Chine a néanmoins réussi à ralentir l’émergence
de nouvelles infections, et le nombre total de cas à l'extérieur du
pays a pour la première fois dépassé ceux à l'intérieur.
Le
coronavirus continue
à
faire des ravages dans l’économie mondiale, bloquant les
programmes d’investissements publics et privés, forçant les
législateurs à réduire ou geler les financements des budgets de
plusieurs secteurs, tels l’éducation, l’infrastrcture et bien
d’autres domaines d’activités, vidant
les coffres des
États
à
grande vitesse.
Dès
janvier 2020, certains économistes
estimaient que les effets de l’impact de COVID-19 pourraient
durer
jusqu'à deux ans après le début de
l'épidémie
dans chaque pays
infecté et que le coût économique de cette pandémie sur
l’économie
mondiale,
pourrait etre
plus importants que ceux
de l'épidémie de SRAS de 2003 – qui avaient été estimés
à
40 milliards de dollars – et atteindrait
300
milliards de dollars.
Aux
USA, La
Réserve fédérale, cherchant à stabiliser les marchés financiers,
a abaissé les taux d'intérêt à près de zéro et a déclaré
qu'elle achèterait des centaines de milliards de dollars de dette
publique américaine, ce qui n’a pas empéché les bourses, de par
le monde, de chuter. L'administration Trump a demandé environ 2
trillions de dollars pour soutenir l‘économie, qui fait face à un
ralentissement profond alors que les entreprises ferment à mesure
que le coronavirus se propage et soutient une demande d'allégement
économique de 50 milliards de dollars pour l'industrie du transport
aérien, envisageant
également
un éventail d'autres propositions pour aider les particuliers et les
petites et moyennes entreprises dont
on n’a pas encore constaté l’application.
Les
dommages fiscaux sont énormes avec la certitude de fortes baisses
des recouvrements d’impôts et un retournement du budget autrefois
optimiste. Un grand nombre d’entreprises ont été forcées de
réduire leurs activités, de mettre tout ou partie de leur personnel
en chomage technique ou de fermer leurs portes. Des millions de
personnes
sont confrontées au chômage (déjà près de 5 million de chomeurs
aux USA, un pays qui avait enregistré, ces dernères années une
baisse spectaculaire du taux de chomage) ce qui crée d’autres
postes de
dépense
inattendues
pour financer
l’aide
sociale
et économique liée
au virus.
Sur
les marchés boursiers mondiaux, les cours chutent, notamment les 24
et 25 février 2020,
en raison d'une augmentation significative du nombre de cas de
COVID-19 hors de Chine et
continuent à
chuter; Wall Street perd près de 1.200
points, suscitant un vent de panique dans le marché des actions. Le
28 février 2020, les marchés boursiers du monde entier ont connu
leur plus forte baisse hebdomadaire depuis la crise
financière de 2008.
Dix
jours plus tard, ces marchés s’effondrent
provocant un krash boursier en Europe et en Amérique du Nord. Les
principaux indices boursiers mondiaux accusent des baisses de
plusieurs points. Le CAC 40 connaît sa plus forte chute journalière
depuis sa création
en 1987.
Le risque de récession économique en Europe et au Royaume-Uni est
avancé par les banques.
Sur
les marchés pétroliers, le cours
du pétrole
chute, suite au ralentissement de l'économie
chinoise
puis mondiale et
du désaccord entre l'Arabie Saoudite et la Russie sur la réduction
de la production. Le 6 mars, alors que la demande se réduit et que
le cours de pétrole chute, l'Arabie
Saoudite
s'engage à réduire sa production mais
la
Russie refuse, ce qui aggrave la chute des cours. Le
18 mars, ces
cours
sont
à leur
plus bas niveau
depuis 17 ans. Le
prix du baril de Brent passe sous les 27 dollars. L'offre dépasse à
ce point les besoins que les réservoirs manquent. Les experts
estiment que les capacités
de stockage
seront dépassées d'ici deux à trois mois. et il est fait appel à
des supertankers à quai pour accueillir les surplus. L'Agence
internationale de l'énergie estime que la contraction de la demande
au niveau mondial pourrait atteindre 20%.
Les
conférences et événements mondiaux sont annulés ou reportés; Les
conséquences pour le tourisme, la restauration, l'hôtellerie et le
commerce sont très importantes. L’impact monétaire sur
l’industrie du voyage et du commerce se chiffre en milliards. Les
compagnies aériennes pourraient perdre jusqu'à 130 milliards de
dollars et sollicitent l'aide des États. Lufthansa décide
d'immobiliser 150 avions. Brussels
Airlines
après avoir annoncé l'annulation de tous ses vols, pendant
un mois, du
20 mars 2020 au 19 avril 2020 inclus, demande 200 millions d’Euro
d'aide
à l'État belge. Certains États décident d'intervenir: l'Italie,
annonce nationaliser Alitalia.
la
France annonce
qu’aucune
entreprise ne sera livrée au risque de faillite
et
aucun Français ne sera laissé sans ressources; elle annonce un plan
de 45 milliards d'euros en faveur des entreprises et
verrouille le
pays, exhortant la population à rester à la maison et interdisant
toutes les sorties, sauf celles essentielles. Les pharmacies et les
magasins d’alimentation ainsi que d’autres commerces prennent des
dispositions de distanciation.
Au
Brésil,
le gouvernement, qui avait déjà adopté un plan d'urgence de 5
milliards de reais pour le secteur de la santé, a annoncé un plan
de 147,3 milliards de reais (26 milliards d'euros) destiné
à
soutenir les PME
et
les familles à bas revenus ainsi que les retraités.
Les
banques entrent dans la dance: la Banque centrale australienne
abaisse ses taux à un niveau record de 0.25%; la banque centrale
indonésienne baisse ses taux d’intérêt à 4,5%. La Banque
d’Angleterre procède à son tour à une nouvelle baisse de son
taux d’intérêt et les
banques centrales, rachètent massivement des dettes aux acteurs
financiers pour éviter un effondrement total.
En
Tunisie, après
la panique des premiers jours, l’inquiètude
liée à l’extention des zones infectées et aux répercussions
économiques, s’installe. Aucun plan n’est en vue pour
aider les entreprises,
au bord de la faillite, et les
familles dont les ressources fondent à vue d’oeil La solidarité
nationale est appelée à se renforcer face à l’incurie des
législateurs et des gouvernants. Comme dans beaucoup d’autres
pays, notre gouvernement a choisi le tout sanitaire plutot que le
tout économique. Avons-nous fait le bon choix ?
Pour
financer la lutte contre COVID-19 il faut des moyens que ne pouvait
fournir qu’une économie qui tourne à plein régime or nous avons
tout fait pour décourager les investissements et toutes les mesures
de restriction des déplacements, de confinemant de la population et
de fermeture de structures industrielles et de services, n’ont
faites que ralentir et paralyser plus encore notre économie déjà
en crise. Ce n’est pas en obligeant la population à
se
confiner chez elle que notre économie va s’épanouir, sans compter
les effets collatéraux, sur notre pays, de la recession mondiale qui
se profile.
Ces
mesures
ne
sont
justifiables
que s’il ont
une durée limitée, à trois semaines au plus, le temps de venir à
bout du virus et de juguler la crise, sans trop effecter l’économie.
Dépassé ce délai, les entreprises seront obligées de limiter leur
production puis de s’arreter. Des pans entiers de notre tissus
industriel parmi les plus pourvoyeurs d’emplois (textile, tourisme,
industrie mécanique ...) disparaitront. Nous n’aurons plus grand
chose à exporter, le taux de chomage déjà important grimpera
encore plus, le pouvoir d’achat déjà anémié baissera, la
consommation chutera inexorablement, la fracture sociale
s’approfondira et un marasme social et économique sans précédant
s’installera pour une durée indéterminée.
C’est
vers une banqueroute annoncée que se précipite l’Etat dont les
caisses se vident à vive allure sans etre alimentées par des
recettes fiscales (impots sur les revenus, taxes douanière, taxes à
la production, TVA et autres taxes) au plus bas, ni par les emprunts
consentis habituellement concentis
par
les institutions financières internationales. C’est peut-etre le
scénario catastrophe mais il faut regarder la réalité en face.
Seule
note d’optimisme, les dipositions prises
par les autorités sanitaires (outre
les mesures restrictives)
tels les réponses aux appels de détresses des personnes présentant
des
symptomes inquiètants.
Ces
personnes sont immédiatement prisent en charge à domicile par le
personnel médical qui se présente chez eux pour les tester ainsi
que leur entourage et
leur didtribuer des masques.
Les personnes testées
positives au virus sont traitées à la cloroquine; celles présentant
des symptomes graves de COVID-19 nécessitant une assistance
respiratoire sont hopitalisées
et
traitées par oxygénation, ventilation, choloroquine et
antibiotique. Le
personnel médical assure un suivi au cas par cas en téléphonant
quotidiennement aux personnes testées.
Dr.
Khaled El Hicheri
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